Résumé. - Nous étudions ici les rapports de pouvoir de la scène télévisuelle des
humoristes contemporains en France depuis les premières apparitions de Coluche sur
Canal + en 1986 jusqu’aux talk shows de la fin des années 2000. Nous articulons les
questionnements méthodologiques autour d’une hypothèse centrale : celle du passage
d’une scène constituée autour de figures de comiques bouffons fédératrices, à une scène
dispersée en plusieurs figures d’humoristes individualisées et réflexives. Une évaluation
quantitative des fonds des archives audiovisuelles de l’Inathèque permet de tester
l’hypothèse d’une croissance et d’une décentralisation de la scène des humoristes. Elle
appuie la constitution d’un corpus d’interventions des humoristes dans les talk shows.
Nous développons les grandes lignes d’une grille d’analyse qui propose de prendre en
compte la complexité des niveaux de la performance humoristique – actes du langage
et du corps – et son inscription dans un dispositif et un contexte social de production –
réception. Nous discutons en dernier ressort la pertinence du concept de performativité,
tel qu’il est abordé par John L. Austin et Judith Butler, dans l’analyse de l’inscription des
performances humoristiques dans les rapports de pouvoir.
Mots clés. -
Méthodologie, corpus audiovisuels, médiaculture, performativité, humour,
politique